ROCK EN SEINE
SAMEDI 26 AOUT : HAIL TO THE KINGS
BROKEN SOCIAL SCENE : Le son particulièrement post-rock des canadiens ne peut qu'interpeller sur la richesse de cette scène issue des grands espaces glacés (merci du clichés) : bien moins bons qu'ARCADE FIRE (l'une des claque de l'édition précédente) mais bien meilleurs que FEIST (l'un des flop de l'édition précédente), le concert se laisse écouter malgré un son très limite, tirant parfois sur la bouillasse, et ne rendant donc pas compte de la qualité et de l'originalité des morceaux du groupe. Un peu comme pour CLAP YOUR HAND AND SAY YEAH ! on restera sur notre faim. De plus, jamais la musique ne trouve de transcendance sur scène (ce qui avait fait toute la force du concert d'ARCADE FIRE). Sur scène, le groupe est imposant (probablement plus de dix musiciens) et semble heureux d'être là, ce qui rattrape aussi un peu le tout. Notons aussi une chanson dédicacée au grand Zinédine « coup de boule » Zidane, permettant d'évoquer, quand même, des tentatives assez réussies de communication avec le public... (5,5/10)
TAKING BACK SUNDAY : Avec une accaparation de l'espace scénique tout a fait particulière (de grands draps blancs tendus devant les amplis sur lesquels sont dessinées grossièrement... des amplis, à l'exception du drap devant l'estrade de la batterie representant une cassette audio) qui lui permet de donner l'impression de jouer dans un local desaffecté. Ce coté un peu « authentique » TAKING BACK SUNDAY l'entretient au maximum à travers une musique probablement hérité du rock garage, qui n'a rien de nouveau, ne propose pas de morceaux plus directement accrocheurs que les autres, mais qui sent bon le vieux rock'n'roll de studios improvisés, et ca, c'est cool... (7,5/10)
FANCY : Les français de FANCY au moins, on le courage de tout tenter pour foutre l'ambiance. Le chanteur, au look un brin absurde mais tellement glamour (coupe afro sur un blanc sapé en jean fashion très féminin) parle et bouge de manière très efféminé, tout en donnant un allure de décalage flagrant dans l'ambiance du concert, invitant les gens à se foutre à poil. La musique est rock, énergique, les musiciens remuants ; ça n'a rien d'une révélation, mais c'est très agréable à voir. (6,5/10)
XAVIER RUDD : Sous ce nom mystérieux se cache en fait un étonnant homme orchestre, jouant simultanément ou en alternance de tout un tas d'instruments farfelus. Certains salueront la performance artistique ou plutôt technique en tout cas, d'autres se feront sensiblement et ostensiblement chier... Choisis ton camp... (3/10)
C'est pendant le concert de XAVIER RUDD, il me semble, que je prends le temps d'aller visiter la galerie photographique ROCKFOLIO proposée sur le site du festival. Le photographe invité cette année est Jean-Baptiste Mondino. De très jolies photographies d'artistes plutôt sympas dans l'ensemble, pour une initiative plutôt réussi. Voir notamment les poses hallucinantes de Devendra Banhart...
PHOENIX : L'une des formations françaises les plus reconnues aux États-Unis vient défendre son dernier album sur ses terres versaillaises. Si les compos sont généralement léchée, et font l'objet remodèlement spécialement pour la scène, le tout manque tout de même singulièrement de folie et d'originalité et, comment dire... de rock.... Une version de 10 minutes de «If I Ever Feel Better » pas vraiment utile, un peu à l'image de toutes les rallonges courageuses, mais sans grand intérêt, offertes à certains morceaux. Le son est bon malgré tout, l'ambiance douce, le groupe crédible quoique très calme. Je me barre quand même avant la fin... (4,5/10)
DADDY LONGLEGS : Très peu de souvenir, pas de commentaire à fournir... (n.n.)
SKIN : La grosse surprise de la journée assurément. On m'avait prévenu ; SKIN, sur scène, ça vaut le coup. Doux euphémisme. Pour la première fois du festival je me rends compte d'une chose ; l'importance de croire totalement en ce qu'on fait, en ce qu'on joue, en ce qu'on chante. Y croire, et avoir quelque chose qui nous tient vraiment à c½ur à raconter. A cette condition, n'importe quel morceau peut prendre une dimension incroyable sur scène. L'ancienne chanteuse de SKUNK ANASIE doit bien le savoir, s'agitant à tous les bouts de la scène, increvable, tantôt énervée tantôt émue, s'adressant au public avec une conviction rare, elle remporte un très vif succès auprès de la foule conquise, et élément significatif, contrairement au DIRTY PRETTY THING, sa reprise du hit de SKUNK ANASIE est finalement le moment le moins fort du concert. Je ne connais pas les textes de SKIN, mais à chaque fois, j'ai compris ce qu'elle avait ressenti lorsqu'elle les écrivait, et ça, nouvel euphémisme : c'est rare... (10/10)
THE DEAD 60's : Rien de transcendant du coté des DEAD 60's, la nostalgie CLASH (et pas celle des meilleurs moment) n'agit pas suffisante en elle-même pour rendre intéressant une musique prévisible, un peu trop caractéristique, et on en vient même à s'ennuyer un peu devant ce show qui se traîne... reste de bons morceaux, le son pas trop pourri, et le capital sympathie du groupe. (5,5/10)
RHESUS : Pas spécialement bien placés dans la programmation, je manque, pour la deuxième fois cette année, RHESUS en concert. Les échos toutefois, n'imposent pas des regrets trop violents. (n.n.)
THE RAKES : Le groupe est énergique, le chanteur danse comme un robot, les morceaux sont court, vont droit au but, sont efficaces. Bref ça se remue bien même si ça n'invente rien. Petit bémol ; le son, encore une fois (peut-être le grand problème de cette édition) et plutôt moyen, voire à chier. Mais contrairement aux autres groupes touchés par cette calamité, la musique assez claire de THE RAKES (ce n'est pas CLAP YOUR HAND AND SAY YEAH ou la douzaine de zicos de BROKEN SOCIAL CLUB) parvient de justesse et avec pas mal de chance, à passer un peu mieux outre cette épreuve. On passe un moment agréable, mais on se barre avant la fin pour pas louper le départ de BECK...(7/10)
GRAND CORPS MALADE : Parti regarder BECK dès le départ, notamment (surtout) dans l'optique d'être le mieux placé possible pour RADIOHEAD, je loupe, à mon grand dam, le concert de GRAND CORPS MALADE, pour une autre fois peut-être... (n.n.)
BECK : L'introduction du concert se fait sur des marionnettes, en fond de scène, faisant semblant de jouer le morceau que diffusent les enceintes ; les marionnettes sont à l'effigie des musiciens, et lorsque celui-ci rejoint la scène, elle ne quitteront jamais les lieux, jouant simultanément tout les morceaux et tout les numéros proposés par le groupe. On a effet le droit à quelques passages remarquable, surtout un morceaux joué assis autour d'une table avec les éléments d'un dîner, on est en droit de s'enthousiasmer devant la créativité débordante que va s'évertuer à démontrer le groupe. Le son est absolument nickel, le tout très bien réglé, une vidéo sur les écrans géants raconte la visite de paris par le groupe de marionnette qui s'y prend quelques cuites franchement marrantes et transpirantes de réalité (saccageant notamment la loge de RADIOHEAD). Et le tout supporte une musique qui se veut un véritable panorama de l'ensemble des musiques actuelles, un fourre-tout intelligent et déroutant qui vaut vraiment le coup d'½il. Au rappel, BECK (le chanteur) se pointe déguisé en ours pour un dernier morceau tirant sur le hip hop... Bref, BECK est plus que bluffant. (9/10)
RADIOHEAD : Et c'est après une attente très courte (le set est bien rodé) que RADIOHEAD vient prendre la place de BECK sur la grande scène. Introduit sur un démentiel 2+2=5 (il s'achèvera de manière un peu convenue sur un magnifique « Karma Police »), le concert démarre sur les chapeaux de roues. Jamais je n'ai eu autant de mal à m'approcher de la scène (à moins de sombrer dans l'indélicatesse la plus éhontée). Je suis relativement loin (enfin vu la taille de la plaine je suis tout de même dans le premier quart). Les fans sont partout. Le son est parfait. Les morceaux qui s'enchaînent viennent toucher le spectateur toujours au plus juste. C'est la deuxième fois de la journée qu'un chanteur (cette fois Thom Yorke), par son chant, parvient à transmettre autant d'émotion. Beaucoup de spleen, ici, de cicatrices ouvertes et exposée à tous, et puis de mouvements musicaux obsessionnels. Je suis troublé par la musique, le chant, tout à la fois. Je ne suis plus tout à fait sur terre. La playlist mélange des morceaux du prochain album (probablement, à en croire mes oreilles, plus dans la lignée de « Kid A » et « Amnesiac » que du génial « Hail to the Thief ») ainsi que de ses précédents opus. C'est peut-être la seule déception d'un show monstrueux ; une playlist qui confirme que RADIOHEAD s'intéresse désormais assez peu à ses vieux albums, tandis que les versions scéniques des fameux Kid A / Amnesiac n'ont aucune audace, et ne sont plus ré-adaptés à la scène comme par le passé (voir l'album live) ce qui fait perdre beaucoup d'intérêt à la chose, les morceaux étant plaqués comme sur les albums, la proximité du chant seule leur faisant heureusement accéder à un degré supérieur d'implication émotionnelle (sur « Everything in its right place » par exemple). Malgré ces quelques remarques, c'est justement cette émotion qui permet au groupe, porté par des compositions absolument sublimes, de s'imposer comme un monstre à l'authenticité touchante, loin de toutes les « grand » groupe de rock, formatés ou inutiles, habituellement les seules à être en passe de remplir des stades (suivez mes regards). Car il y a, chez RADIOHEAD, une chose qui manque cruellement à a peu près tout les autres : la grâce. (10/10)
EDITORS : L'opération seconde chance échoue à nouveau puisque je rate EDITORS, très mal servis par la programmation puisque placés entre BECK et RADIOHEAD... Allez comprendre. (n.n.)
TOKYO SKA PARADISE ORCHESTRA : Eux aussi très mal servis, j'ignore qui est allé voir ce concert (n.n.)
CONCERT DE LA JOURNEE : RADIOHEAD
SURPRISE DE LA JOURNEE : SKIN
PIRE DE LA JOURNEE : XAVIER RUDD
DECEPTION DE LA JOURNEE : THE DEAD 60's