MERDE ET REMERDE !

MERDE ET REMERDE !
Ci-contre, les infâmes Tokio Hotel

Sur MERDE ET REMERDE, ce que l'on deteste, c'est les bobos et la musique asceptisé, et on ne se prive pas pour le dire !
Les rédacteurs de MERDE ET REMERDE ont un sens aïgu de la critique, savent en quelques paragraphe remettre à leur place tout les "artistes" de l'industrie du disque et n'y vont pas de main morte. Sur ce site on ne critique jamais un bon disque, non, seulement les mauvais... on en fini par se demander s'ils aiment quelque chose, et s'ils publient de temps à autre des listes de "bons disques", ca sent tellement le foutage de gueule le plus outré que finalement ca ne ressemble plus à rien, et c'est très bien comme ca.
L'humour est omniprésent, la vacherie aussi, et énormement de second degré. On est pas là pour être tendre en tout cas, c'est parfois totalement gratuit et la mauvaise foi est rarement une limite. Un site à prendre comme ca, sans concessions, et à conseiller à tout les mélomanes exigeants; si l'on est évidemment pas toujours d'accord avec ce qui est dit vu que tout le monde en prends pour son grade (ils défoncent quand même entre autre Brassens, Jeff Buckley, Noir Désir, les Clash, Neil Young ou encore les Libertines avec la même verve et sans aucun scurpule -bien que cela dépende des auteurs qui n'ont pas du tout les mêmes goûts les uns et les autres-), on passe malgré tout toujours un bon moment. Bravo et merci à ces types qui savent nous rafraichir les oreilles de la pollution sonore ambiante parfois jetter le pavé dans la marre.
Succulent et agacant.

Tient, et pour la journée de la femme, je fais un geste :

Exemple de "vieilleries moisies":
Piaf, pour l'ensemble de son oeuvre
"C'est le temps des célébrations pour la Môche. Pardon , la Môme. L'incarnation désespérante de la France blanchâtre des années cinquante, du Paris ridiculeusement champêtre et de la province pitoyablement crasseuse. Piaf, comme son nom l'indiquait, ce fut un bout de chaire recouvert de quelques plumes cradingues, la fille trop moche pour être pute et trop petite pour être CRS. On aurait dû l'appeler la chauve-souris, le rat bouffeur de merde, la musaraigne aux chicots puants. Ce fut la Piaf. Une alcoolique à la voix nasillarde – les Français voulaient-ils retrouver un peu de l'esprit Wehrmacht ? – une schizophrène au talent aussi grotesque que les textes qu'on lui filait à brailler, une pouilleuse au charisme de fond de bouteille. Rendre hommage à l'affreuse Edith, c'est une nouvelle fois salir le génie français millénaire - les Chats Sauvages, Pierre Bachelet... C'est comme si on installait au milieu d'une cour de récréation une statue de Trénet en érection pour que les gosses s'y enfourchent. C'est gratter la croûte et se vautrer dans la plaie. C'est nier la vérité de ce que fut Piaf, un révoltant ersatz d'artiste pour une époque lointaine et misérable. Quel besoin a-t-on de nous ressortir la Mômie aujourd'hui, si ce n'est pour se complaire dans la boue baveuse et nauséabonde de la médiocrité ?"

Exemple d' "Actualités merdiques"
Charlotte Gainsbourg / 5:55
"Grande nouvelle ! Même en chantant comme une carpe se traînant pitoyablement dans une flaque à demi asséchée, vous pouvez réussir à signer dans une maison de disques. Ah oui, faut pas oublier la condition : porter un nom prestigieux. Avec ses airs de nonne violemment décapsulée, Gainsbarre fille nous la joue dépressive réfléchie, façon bobo qui vient de se rendre compte qu'elle n'est finalement pas si heureuse de payer tant d'impôts. On a envie de lui taper aussi fort que possible sur la gueule pour voir si elle peut dépasser les 3 décibels en criant mais on se dit que la petite pisseuse n'y est pour rien, qu'elle a été élevée à la fumée de Gitane et que c'est pas la meilleure façon de se constituer des cordes vocales et une cervelle normales. Alors on se contentera de lui envoyer une dernière taffe pour qu'elle tombe définitivement. A conseiller à toutes les gamines anorexiques."

Olivia Ruiz / La femme chocolat
La pathétique Olivia Ruiz passe son temps à vouloir se racheter une conduite depuis son passage à la Star Academy , épisode ô combien navrant qu'elle ne parvient toujours pas à assumer : « Ouais, puté, tu vois, je savais pas qu'ils allaient autant nous manipuler, tu vois quoi, putééé ! ». Evidemment, quand on a de la purée à la place de la cervelle. Du coup, son album « La femme chocolat » est un nouveau parpaing au mur de la honte de la musique française (ce dernier sera bientôt visible de l'espace). C'est évidemment plat et sans consistance, mais on n'en attendait pas moins de ce miracle de niaiserie campagnarde. Avec son accent de poissonnière et sa voix de castra, elle vous raconte son petit monde à elle, ses petites misères et ses grands tracas de vierge effarouchée. Enfin, quand on collabore avec Tryo, Dionysos et Juliette, faut pas s'attendre à chanter du Ferré ! C'est niaiseux tout plein, puéril comme une chanson de Carlos, lourd comme un jeu de mots de Ruquier, de mauvaise foi comme un discours de Le Pen et stérile façon débat de syndicalistes. Au moins Jordy avait l'âge de chanter « Dur, dur d'être un bébé ». Olivia (déjà le prénom est chiant) est quant à elle arrivée à maturation pour chanter « Cool, cool d'être une ratée ». Le chocolat, ça donne des crises de foie ou ça constipe. A vous de choisir

Telles qu'elles ont été chroniquées sur MERDE ET REMERDE

Et allez donc voir aussi les appréciations du dernier renaud, de Phoenix, de Grand Corps Malade, ou encore leurs remarques sur M (comme "Merde", disent-ils) etc...

# Posté le vendredi 09 mars 2007 05:10

Modifié le jeudi 24 mai 2007 03:54

Eurovision 2007

Les Fatals Picards, auteur entre autre de morceaux d'anthologie comme "Chasse, Pêche et Biture" ou encore "Elle est belle la France" seront les représentant de notre beau pays à l'Eurovision... C'est absolument hallucinant. L'an prochain Didier Super a peut-être ses chances ! En tout cas le morceau "L'Amour à la francaise" n'est ni le plus drôle ni le plus provquant des picards, mais pour un truc qui va faire l'Eurovision, ca nous change grandement des merdes habituelles !

# Posté le jeudi 08 mars 2007 03:11

Tim Burton

Tim Burton
Comme je l'avais fait pour John Carpenter, je vous propose une autre filmographie d'un (ancien ?) très grand réalisateur : Tim Burton.

Contrairement aux films de Carpenter que j'avais classés par ordre de préférence, je classerais les films de Burton chronologiquement, histoire de vous permettre d'observez ce qui, selon moi, constitue l'incroyable déperdition de qualité dans les ½uvres de l'auteur. (J'ai laissé de coté les ½uvres dans laquelle sa participation est confuse...)

1982 – Vincent : D'emblée, Burton assène avec ce court métrage d'animation ce que l'on peut sans aucune retenue qualifier de chef d'½uvre absolu. C'est le vrai début de la carrière de Burton et elle raconte, dans un registre décalé et une esthétique proche de l'expressionnisme, le conte sombre de celui qui voulait être Vincent Price. Une déclaration d'amour touchante aux marginaux et à tout ceux qui n'ont pas leur place dans un monde matérialiste, avec pour héros un loser magnifique. Inoubliable. (10/10)

1982 – Hansel et Gretel : Le conte des frères Grimm adapté par Burton. Pas vu. (n.n.)

1984 – Frankenweenie : Un remake de Frankenstein avec un chien. Ca doit être très bien mais je l'ai pas vu. (il paraît qu'il en bonus avec le DVD de « Pee Wee »...) (n.n.)

1986 – Pee Wee Big Adventure : Pas vu non plus, l'histoire d'un adulte qui se comporte comme un enfant et qui se fait voler sa bicyclette. Ca à l'air cool. (n.n.)

1988 – Beetlejuice : Un couple de fantôme fait appel a un Beetlejuice pour chasser les nouveaux occupants –vivants- de leur maison. Délire visuel avec un Micheal Keaton hystérique dans le rôle titre. Toujours sur les même thème, Burton signe une très bonne comédie dont je ne me souvient pas parfaitement. (7/10)

1989 – Batman : Si certains effet sont devenus pour le moins kitch, et que Micheal Keaton ressemble à un nabot mal déguisé face à ses adversaires, Jack Nicholson occupe quant un lui un des rôles les plus éblouissants de sa carrière à travers la nihiliste Joker. Atmosphère parfois gênante, esthétique magnifique, et le Joker, le Joker, le Joker ! (8/10)

1990 – Edward au mains d'argent : L'histoire d'un individu incomplet, créé de toute pièce mais dont le créateur n'avait put achever les mains, qui ne furent jamais faites que de ciseaux et de couteaux, mais qui parviendra malgré tout à s'attirer l'amour d'une belle jeune fille, amour impossible bien sûr. Drame magnifique, déchirant, sur l'incapacité d'un être a rejoindre le monde des homme. (9/10)

1991 – Batman, le défi : Pour la suite de Batman, Burton pond un nouveau chef-d'½uvre, cette fois-ci fondamentalement déviant, où il se fascine pour des personnage à la psychologie aussi difforme que leur physique à l'aide d'une distribution parfaite ; Danny de Vito est le pingouin, Pfeiffer est Catwoman, Walken s'appelle, hum, Max Schrek et toujours Keaton dans le rôle-titre. Le tout abuse d'effet dérangeant et de plan mythiques, une ½uvre inépuisable qui surpasse le premier volet. (10/10)

1993 – L'étrange noël de Mr Jack : L'histoire de celui qui voulait fêter Noël au pays d'Halloween... Si Burton n'est pas réalisateur (Henry Selick) ,il est à la fois scénariste, directeur artistique, producteur et n'en demeure donc pas moins l'un des principaux artisan d'une ½uvre à la poésie inébranlable, jouant à nouveau sur l'opposition des mondes et sur l'impossibilité de les mêler. (8/10)

1994 – Ed Wood : Four au box office, Ed Wood est le film préféré de Burton, où le bio-pic quasiment hagiographique du soi-disant « plus mauvais réalisateur du monde ». Nouvelle déclaration d'amour à un Freaks, lorgnant encore une fois vers la métaphore autobiographique, un film immédiatement touchant, portrait d'un raté absolument génial, un chef-d'½uvre. (9/10)

1996 – Mars Attack : Les martiens attaquent la planète. Sans commentaire ; une poilade d'anthologie. (9/10)

1999 – Sleepy Hollow : Le dernier grand film de Burton, le conte gothique d'un cavalier sans tête. L'esthétique est absolument parfaite, tout les détails sont merveilleusement travaillé, tout comme la couleur qui s'approche sans cesse d'un noir et blanc sublime. L'histoire est simple mais efficace. (8/10)

2001 – La planète des singes : contrairement aux attentes, Burton vautre son entrée dans le XXIème siècle. Si le film n'est pas aussi nul qu'on a bien voulu le dire, le héros (Mark Wahlberg) est absolument inexistant, les paraboles et les discours y sont absolument minable, demeure une esthétique et des effets spéciaux splendide, ainsi qu'un scénario suffisamment retors. Cela dit, l'original pulvérise allégrement cet honteux remake. (4/10)

2003 – Big Fish : Un type, proche de la mort, raconte ses merveilleuse mémoire à son fils qui le prend pour un menteur invétéré. Alors là c'est la tôle totale. Burton qui avait laissé de coté ses obsessions récurrentes dans son précédent effort revient avec un discours métamorphosé ; le héros n'est plus un loser mais un putain de gagnant arrogant et casse-burnes (dsl pour Ewan McGregor) qui traverse le monde en imposant sa supériorité et conquiert tout sur son chemin. Que reste-t-il de Burton ? Des freaks dans tout les coins, mais qui ne sont plus les héros du récit, et un grand affabulateur. De plus, le réalisateur tombe dans les concessions les plus plates, notamment dans un final ou on se rend compte « y mentait un peu mais pas totalement » ; parle-moi de gnan-gnan, et je vous parle pas de la mort du gars ré-inventé par son fils et de la conclusion, en fait, c'est bien de rêver et d'embellir les choses. Ca serait mieux de ressentir quelque chose. Comme disais un chroniqueur de Mad Movies : R.I.P. Tim Burton... (0/10)

2005 – Charlie et la Chocolaterie : Un casting de tronche des gosses parfait, mais pour une apologie du garçon sage qu'on attendait pas chez Burton... Ou est passé Vincent ? Si c'est ca de devenir parent ca serait cool d'arrêter le cinéma... Le tout oscille esthétiquement entre des représentations magnifiques et des clins d'½il aussi appuyés (lourdauds ?) que complètement, mais alors complètement hors de propos (clin d'½il à psychose) voire même fondamentalement aberrant ; le passage « 2001, l'odyssée de l'espace. Et puis tient, tant qu'à faire, on oublie pas d'être gentiment réac' : les jeux vidéos ca rends con ! Dire qu'on tenait le même discours sur les sources d'inspiration de Burton, et que maintenant c'est lui reprends en choeur ce genre d'opinions rétrogrades. Reste quelques fulgurances... (3/10)

2005 – Les noces funèbres : Film d'animation ; comparé aux navets précédents, « The Corpse Bride », de son vrai nom, fait très bonne figure ; esthétique à tomber par terre, pitch de départ (un vivant se marrie sans le faire exprès à une morte) typiquement Burtonnien... Malheureusement, si l'ensemble n'est qu'un vaste resucée de ses précédents travaux, le film sent encore l'assagissement prolongé ; d'accord, le monde des vivants c'est de la merde, mais même d'un mariage forcé naît l'amour, de plus le héros est du côté des vivant et c'est à lui qu'incombe de reconnaître la valeur du monde des morts (de manière autobiographique ca veut juste dire que Tim Burton n'est plus du côté des marginaux, mais qu'ils les regardent avec admiration mais aussi, peut-être, un peu de condescendance complètement déplacée) sans oublier le final on ne peut plus consensuel. Malgré tout, de très bon passage, de très bonnes idées, et surtout, cette esthétique magnifique... (6/10)

2007 – Sweeny Todd : Très prometteur, il s'agirait de l'adaptation d'un comédie musicale (Beuuuuuurk !) dans laquelle un Barbier (inspiré d'une histoire réelle) égorge ses clients pour se venger de la société qui a détruit sa vie, puis les donne a sa maîtresse qui transforme les cadavres en tourte (Yeaaaaaaaaaaaah !). Reste à savoir si Burton gardera le format comédie musicale (Beuuuuurk !) et si il en fera une ½uvre aussi décalée, vindicative et morbide (Yeaaaaaaaaaaaah !) qu'elle n'y paraît...

# Posté le mercredi 07 mars 2007 05:24

Modifié le jeudi 24 mai 2007 03:55

The Dark Knight de Frank Miller

The Dark Knight de Frank Miller
BATMAN : THE DARK KNIGHT, une bande dessinée de Frank Miller


Introduction

« J'arpente les rues de cette cité que j'apprends à haïr, une cité qui a abandonné le combat, comme le monde entier semble l'avoir fait... »

En 1987, Frank Miller, alors âgé de29, révolutionne l'univers du Comics avec son adaptation du célèbre justicier masqué : « Batman : the dark knight ». L'ère de maturité des comics, entamée dans les années 80, est désormais officielle, l'½uvre de Miller en devenant la figure de proue, avec le « Watchmen » d'Alan Moore, sorti à la même époque. Mais quelle est donc la spécificité de cette ½uvre, et dans quelle mesure a-t-elle contribué à la représentation moderne de Batman ?
L'Histoire de « The Dark Knight » est –relativement- simple ; Batman a pris sa retraite depuis 10 ans, et Bruce Wayne n'est plus qu'un vieux milliardaire solitaire avide de sensation forte. Pourtant, l'homme est rongé de l'intérieur, le spectre de la chauve-souris continue de planer sur sa vie et bientôt, devant le chaos régnant dans les rues de Gotham, il ne peut s'empêcher de tenter un retour dans un pays ou les super héros n'ont pourtant plus droit d'exister...
Tout d'abord, il lui faudra s'imposer face aux « mutants » un gang de jeunes nihilistes extrêmement virulent qui mettent la ville à feu et à sang, pour cela, il lui faudra imposer sa légitimité face à eux, et celle de sa justice. Mais très bientôt, il lui faudra aussi affronter tout ses vieux démons, ainsi que ceux de toute la société américaine...

1- La Permanence du Mythe

« Ce serait une belle mort... mais pas encore assez belle. »

En premier lieu, la grande question que pose l'ouvrage est « les légendes peuvent-elles vieillir ?». Car le héros n'est pas immuable, passé son heure de gloire, il lui a fallu se retirer, tout comme ses congénères. La psychologie de Wayne est donc fascinante, refusant de tirer un trait sur le passé, il est devenu un individu aigri, tourmenté, misanthrope, et tandis qu'il tente un retour, l'on se demande sans cesse s'il existe véritablement une place pour des « héros », pour des individus en marge de l'état de droit, dans une société véritable. Batman ne veut pas vieillir, et surtout il ne veut pas mourir, répétant plusieurs fois dans le livre cette phrase « ce serait une belle mort... Mais pas assez belle. » Il refuse de mourir bien qu'il n'ai peut-être plus du tout sa place dans la société.

2- La Place d'une Légende dans la Société

« Le vent se lève, arrachant les feuilles mortes, des grenouilles coassent comme une sirène de dessin animé. Les grillons se joignent au choeur. Un loup hurle. Je sais ce qu'il ressent. »

A ce titre, Miller use de nombreux artifices pour prolonger le débat ; tout d'abord, il fait souvent intervenir des émissions de télévision dans ses planches, où les individus débattent ; qu'est-ce que Batman ? Un justicier, ou bien une entité fasciste ? Une sorte de milice personnalisée ? Les conséquences de son retour ne s'arrêteront d'ailleurs pas là, de nombreux individus vont commencer à se prendre pour Batman, et vouloir imposer leur propre justice aux monde qui les entoure, mais alors, qui est Wayne pour prétendre défendre une justice qu'il a lui-même déterminé ? En quoi se différencie-t-il de tout les cinglés qui, à sa suite, vont se déguiser en chauve-souris vengeresse ? Batman est une contestation du système en place, l'Etat Reagannien (on voit souvent la tête de celui-ci à la télé, représenté comme un bouffon trop sûr de lui) devra bientôt réagir contre cette menace pour l'ordre et la crédibilité de celui-ci. Mais la première lutte de la chauve-souris contre les mutants, et il s'agira d'une épreuve de force dont les but n'est pas uniquement celui d'un retour à l'ordre dans les rues, mais bien plus d'une bataille pour sa légitimité. Après n'avoir démantelé le gang que grâce à une aide reçue, Batman libèrera le chef, plus jeune et plus fort que lui, de manière à l'affronter en duel à la face de tout ses hommes, et le vaincre grâce à son expérience. Si du côté de la loi le débat fait rage, notamment entre son partisan, Gordon (la vieille école), et sa remplaçante au poste de commissaire, pour la rue c'est clair ; Batman a repris sa place, et il faudra faire avec.

3- Le Héros et ses Doubles

« Je renverrais Robin à la maison, j'aiderais les équipes de secours du mieux que je le pourrais... Je compterais les morts, un a un... Je les ajouterais à la liste, Joker... La liste de tout ceux que j'ai assassinés... En te laissant vivre. »

Mais si le statut du héros est problématique du point de vue sociétale, il l'est tout autant du point de vue métaphysique. Les docteurs accusent Batman d'être à l'origine du désordre mental de la mauvaise partie de double-face, tandis que jamais Bruce Wayne ne manque à un effort de permettre la guérison d'Harvey Dent. Ce paradoxe, longuement développé, pose la question ; Que serais le Héros sans ennemis ? quelles seraient ses raisons d'exister ? Et plus encore ; ces ennemis auraient-ils une raison d'exister sans Batman ? Double-Face n'est-il pas réellement qu'une figure hantée par la négation de ce qu'il est ? Son ambivalence n'est-elle pas l'identité qu'il s'est construite là ou Batman incarne un ordre strict et sûr de sa légitimité ? Si Batman n'existait pas, Double-face n'aurait pas sa place en tant que tel. L'arrivée, ensuite, du Joker, insiste plus encore et enfonce le clou ; ce fou qui se tenait à carreau depuis près d'une décennie, voyant réapparaître son ennemi sur les écrans de télé retrouve soudainement l'entrain, parvient à quitter l'asile dans un déluge de sang, dans l'unique objectif d'affronter, là encore, son vis-à-vis. Face a l'absurdité du monde, le Joker à décider depuis toujours de jouer le jeu de l'absurde, et d'ouvrir les yeux du monde face à sa condition. Batman, son antithèse, à décider de forcer le monde à prendre un sens qu'il n'avait. Si Batman n'existait pas, le Joker n'aurait pas de raison d'exister. Alors Batman serait la cause de tout les névrosé qu'il affronte. La réponse de Miller est indécise, peut-être que oui, mais que s'il a fait apparaître ces dangers, c'est parce qu'il a voulu combattre l'absurde, et qu'à ce titre il y aurait des conséquences. Cette lutte idéologique nécessite deux camps, et malgré les dommages collatéraux, il vaut mieux cela que de laisser le monde se complaire d'une part dans le chaos et le relativisme, d'autre part dans l'absurde le plus complet, choses dont Double-face et le Joker sont devenu des émanation physique pour combattre la menace que le Chevalier Noir représentait.

4- Crise d'Identité pour les Etats-Unis

« Encore à parler... Parles toujours, Clark... Tu as toujours su quoi dire... « Oui »... Tu dis toujours « oui »... à quiconque à un insigne, où un drapeau...
Tu nous a vendus, Clark. Tu leur a donné le pouvoir qui aurait dû être le nôtre... Comme tes parents te l'avaient appris. Mes parents m'ont appris une toute autre leçon... gisant dans cette rue, en état de choc... mourant sans aucune raison... ils m'ont montré que le monde n'a de sens que si on le force a en avoir. »


Cette logique de dualité, Miller la portera jusqu 'au bout de son ½uvre, avec l'arrivée de Superman, chargé de mettre un terme aux activités clandestine de Batman. Encore une fois, le « Caped Crusader » affronte un ennemi idéologique, mais il ne s'agit pas d'un gang ou d'un détraqué, non, il s'agit du beau, du magnifique, du sauveur récurrent de toute l'Amérique. Là véritablement, et de face, Batman affronte l'Etat de droit incarné, et ce n'est plus question de se foutre quelques torgnoles pour en finir, non, pour avoir le droit d'exister sur cette terre, Batman devra ruser, encore et encore, élaborer un plan sans faille pour être capable de se battre physiquement, à coups de poing, contre l'invincible homme d'acier. Justice rétributive, masquée, face à au Droit patriotique, légitimé, reconnue. Superman est un pantin du gouvernement, Batman est une force partagée entre anarchisme (et communisme via l'intervention du compagnon idéologique Green Lantern) et fascisme pur et dur, il n'est pas un théoricien, il est l'homme de la rue et des ombre, confronté au symbole de la propagande, de l' « american-way-of-life » auto satisfait et peu regardant sur l'état réel d'un société pourrissante . Au terme d'une lutte anthologique dont je laisse la surprise du déroulement à ce qui n'ont pas lu la BD, la justice de l'ombre devra bel et bien se retirer, mais pour combien de temps...

5- Analyse Graphique : Quelques Remarques

« Nous aurions pu changer le monde... à présent, regarde nous... Je suis devenu un danger politique... et toi... Une caricature. »

Rapidement, j'évoquerais aussi la dimension graphique du récit, rappelant régulièrement une iconographie expressionniste, et donc torturée, appuyée par des éclairages indistincts, indirects, qui font souvent appels a de larges et violents aplats de noirs. La BD a aussi de révolutionnaire sa volonté de toujours jouer avec l'étirement des cases, leur explosion, leur superposition, mais aussi de jouer avec le graphisme, en le faisant évoluer au fur et a mesure du récit. En effet, là encore, rien d'anodin ; Miller use au départ d'un style très classique, qu'il fait petit à petit passer par différentes étapes, avant d'arriver au style très abrupte, très fort, qui le caractérise encore aujourd'hui : en interne, Miller nous rejoue toute l'évolution du comics, de manière subtile. La traduction la plus évidente de cette volonté se retrouve dans le costume de Batman, qui évolue de la même manière que dans l'histoire du personnage à travers ses décennies d 'existence. L'auteur revisite Batman de fond en comble ; tout les costume y passent, jusqu'à ce que Wayne se retrouve affublé d'une curieuse armure, peu orthodoxe, lui permettant de faire face à Superman. Il terminera d'ailleurs démasqué, une fois la boucle bouclé, comme pour marquer la fin définitive d'un cycle, le dernier livre de la BD s'intitulant d'ailleurs « Chute ». Enfin, je ne connais pas assez l'histoire de la série pour l'affirmer sans craindre de me tromper, mais je me demande si l'apparition des différents personnages historiques n'est pas réalisée dans le même ordre que dans la série d'origine, par exemple avec le nouveau Robin, mais je n'en sait rien...

# Posté le mardi 06 mars 2007 06:34

Modifié le jeudi 24 mai 2007 03:54

Paris Brûle-t-il ?

Paris Brûle-t-il ?
Petite chanson pour le vieux Zangief...


PARIS BRULE-T-IL ?

On a peut-être les mêmes loser magnifiques
Et le même bourdonnement dans les oreilles
Mais pas les même horizons telluriques
A ne pas vider les mêmes bouteilles
Je ne comprends pas ce que vous faites là
Ni par quelle myopie mercantile
Sont consacrés tout vos galimatias
Jusqu'à demander « Paris brûle-t-il ? »

Miroir ton beau miroir
te fait croire que t'est la plus belle
a moins que ce soit ton auditoire
de petit bourgeois superficiels
Mais je te dis... méfie-toi ! ! ! aaaaaaaaaaaaaaah


Et si je suis un phénomène de foire
Un freaks, un monstre et une anomalie
Oh je ne vous dispute pas une once de gloire
Je constate juste comme une antinomie
D'avec les héros de la hype et des myspaces
Du tout-paris autoproclamé presqu'île
Fascinés par lui-même a travers votre espèce
Et qui s'interroge ; Paris brûle-t-il ?

Je suis un loooooo
Je suis un lo-ser
Fier d'être un looo
Fier d'être un lo-ser
Connasse, trop d'arrogance en toi
Connasse, trop d'arrogance en toi


De l'iguane du lézard et de tout les reptiles
Vous n'en avez donc rien retenu
Et vous vautrez dans la rime imbécile
Sans un scrupule et sans aucune retenue
Tout comme armé de mauvaise foi
L'on voudrait vous faire passer pour Sibylle
Au pays des écorchés, devenir rois ?
Mais enfin Paris brûle-t-il ?

Tu chantes / des trucs faciles
Rien dans le crane, et tout dans le style
Tu chantes / des trucs faciles
On peut pas dire que ce soit subtile


L'art, peut-être, est un discours
Et ca voyez vous vous n'en avez pas
Je retourne jouer dans des arrières cours
Ou je sais que vous ne serez pas
Mais avant j'emprunte ma conclusion
A Jasienski, et c'est incivil
Mais ma réponse à la question
Mais alors Paris brûle-t-il ?

C'est que Je Brûle Paris
Je Brûle Paris
Je Brûle Paris



avec quelques liens en bonus :
le myspace des anti-plasticines
une chanson crétine et méchante pour concurrencer la mienne
Un article parmis des miliers, sur les Naast, ayant l'avantage d'être concis
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# Posté le lundi 05 mars 2007 10:38

Modifié le jeudi 24 mai 2007 03:54