FURIA SOUND FESTIVAL
Il n'y aura, malheureusement, pas de « blog des festoches » à proprement parler cette année, mes modestes moyens financier ne me permettant pas de réitérer une tournée des festivals d'été de l'envergure de celle de l'an passé. Toutefois, je me permet d'utiliser quelques lignes pour en décrire au moins un, l'incroyable Furia Sound Festival de Cergy qui vient d'avoir lieu.
En effet, tout breton que nous sommes, face à l'incroyable désintérêt qu'a suscité pour nous la parution des affiches des Vieilles Charrues et des Terre Neuvas de Bobital, nous avons préféré nous exiler vers des contrées plus excitantes, et autant vous dire d'ors et déjà qu'on a pas été déçus du voyage.
Le site est facilement accessible (on parviendra a se garer à peine quelques centaines de mètres plus loin sans aucun souci le samedi), le festival lui même nous paraît étonnamment peu fréquenté malgré une programmation alléchante au plus haut point (Queens of the stone age, Frank Black, Sonic Youth, Joeystarr... rien que ça...) et tout ce confort est encore accentué par un décor magnifique : les lac de Cergy, verdoyants, offrent même à la scène principal un véritable amphithéâtre de verdure du plus bel effet. Bref, un événement qui mériterais une reconnaissance plus importante même si, pour le moment, on est bien content de ne pas s'y bousculer.
Mais rentrons sans perdre plus de temps dans le vif du sujet ; les concerts ! ! !
Vendredi : Franky is Gonna Do Me Good
19h00 : Joeystarr
Nous avons d'ors et déjà loupé les Bellrays, Pleymo et Adrienne Pauly, c'est probablement pas trop grave, le plus important étant que nous tombons directement sur ce bon vieux Joey, qui se place largement à la hauteur de nos attentes ; Il s'impose par une présence physique incroyable, une voix d'une puissance aisément identifiable, et un show assez époustouflant. Joeystarr alterne les morceaux de son dernier album avec ceux du NTM, pour la plus grande joie du public. De plus, il n'hésite pas a tenter de très réussies incursion dans le rock, avec ses rappeurs à casquettes qui envoient franchement la sauce derrière basse, guitare et batterie. Entre les morceaux, et même pendant, le « Boss » harangue la foule, explique ses textes, joue avec le public, et livre au final un concert électrique, efficace et généreux. Du grand art. (8/10)
20h00 : Billy Talent
La boulette qu'on fait dès la première journée du festival, c'est de se barrer avant la fin du concert de l'ex-NTM (même si en ce qui me concerne je revient assez rapidement pour chercher des jetons de boissons) en venant regarder ce que peut bien donner Billy Talent. Difficile d'y répondre, pour faire court, on se figurera un ridicule braillard sans charisme qui est allé chercher ses morceaux dans les poubelles de Green Day... c'est dire. (2/10)
Pendant ce temps, on loupe Shit Disco
21H00 : Renaud
Renaud, il faut l'avouer, on en attendait plus vraiment grand chose. L'idole en prenant de toute façon déjà un sacré coup à l'écoute de ses deux derniers efforts ; « Boucan d'Enfer » et « Rouge Sang ». Je n'avais jamais vu Renaud « en vrai », voilà qui est fait. Coté scène, ca fait quelques années que l'alcoolique notoire revendique de ne plus jouer « Hexagone » (du coup les Têtes Raides on décidé de le faire à sa place) et qu'il préfère le costard à son mythique blouson de cuir. Rien d'étonnant donc a ce qu'après nous avoir envoyé « Marchand de Caillou » et « 500 connards sur la ligne de départ », nous permettant seulement de constater à que sa voix de chiotte ne s'est pas améliorée avec le temps, et que le bougre n'a jamais pris le temps d'apprendre à chanter entre deux verres de pastaga, Renaud attaque fort avec les pires bouses des deux sombres opus précédemment cités, des trucs vachement couillus comme « Manathan-Kaboul » et « Arrêter la Clope » (Mention spéciale pour cette dernière, tout particulièrement à chier) ou encore de purs instant de poésie (écoutez les rimes de « Docteur Renaud / Mister Renard » pour vous en convaincre). Bref, on se dit que plutôt que ce genre de concerts crèves-c½ur, ceux, lamentables, ou le vieux briscard arrive complètement saoul en baragouinant dans ses vapeurs d'anis ont au moins un avantage ; on comprend pas les paroles. (4/10)
22h00 : Frank Black
Franky la baleine par contre, annonce une toute autre couleur. D'ailleurs ca démarre fort, le gros tas s'énerve d'un son médiocre, puis vient balancer des coups de latte sur ses retour pour les rapprocher du pied de micro, le tout en chantant. Il ne tardera pas non plus à se cracher sur la veste involontairement, veste qui ne tardera pas a être evacuée : En effet, Frank Black en concert n'a strictement rien a voir avec celui qu'il etait en tant que leader des Pixies ces deux dernières années lors des concerts des Vieilles Charrues et de Rock en Seine. Non, là il s'agite, se démène dans tout les sens, n'hésite pas a sauter (quitte à faire craquer la scène sous son poids) et nous fait partager une play-list très électrique, reprenant d'ailleurs plusieurs morceaux des deux premiers albums « Teenager of the year » et « Frank Black » (les seuls que je connaisse, avec « Fast Man Raider Man ») ainsi que, a ce qu'on me dit, plusieurs morceaux qui semblent directement issus du prochain album du sieur, qui devrait sortir sous son nom de Pixies (les morceaux ayant en fait été conçus dans la perspective d'un nouvel album des Pixies, malheureusement abandonné), c'est-à-dire Black Francis. L'album quant à lui devrait s'appeler « Blue Finger ». Tout ca pour dire que ca dépote méchamment ; le frontman a laisser tomber la guitare, et le groupe ne joue donc qu'avec une seule guitare en plus de la basse et de la batterie. Les musiciens, et en particulier le guitariste (un type imposant aux cheveux rouge) et le bassiste (un punk à la crête hirsute qui a tourné avec PJ Harvey) sont véritablement excellent et le concert enchaîne des morceaux tous plus géniaux les uns que les autres sans aucun temps mort, au point que malgré un public relativement restreint et a priori plutôt calme, certains pogos se forment de manière parfaitement spontanée en réponse aux décharges soniques qui sortent des amplis. Clou du spectacle, peut-être, le leader se jette au sol (nous faisant le coup de la baleine échouée) ne s'agitant que dans des tressautement qui accompagnent ses cris démentiels pendant quelques minutes avant de se relever pour clore une reprise époustouflante du « Rockafeller Skank » de Fatboy Slim. Lorsque, quelques chansons plus tard, le set se termine, on vient de se prendre une claque magistrale par un définitivement mésestimé génie du rock. (10/10)
En allant a Frank Black, on faisait une croix sur Kill The Vultures
23h30 : Archive
Je regarde Archive de loin, pour un raison très simple : Nous avons vu passer les musiciens de Franky, son guitariste et son bassiste, et les avons suivi au bar. Après leur avoir payé un coup, nous discutons longuement avec eux. Le guitariste, Charles Normal, me rachète le patch de ma veste « A bas toute les armées », en échange d'une pinte, c'est ma seconde de gloire. Pendant près d'une heure je dirais, peut-être plus, nous restons avec eux pour l'un des moments les plus surréalistes du festival. Concernant le groupe d'Electro-Rock qui se démène sur scène, on notera tout d'abord qu'il commence le concert avec près d'une demi-heure de retard. Ensuite, le groupe déroule la plupart de ses classiques, à l'image de son enregistrement live au zénith ; le tout est sans surprise, les morceaux interprétés dans leur version d'origine, sans la moindre improvisation, évidemment. Reste la musique, toujours aussi forte, pour ceux qui aiment le groupe, et sur des morceaux tels que « You Make Me Feel » par exemple, je regrette un tout petit peu de ne pas être dans la fosse pour me prendre le son en pleine face. En conclusion un show quelque peu convenu, même s'il faut reconnaître que mon attention etait, la plupart du temps, plutôt limitée. (6/10)
A cause du retard d'Archive, impossible de voir Cold Cut
00h00 : The Rakes
Nous ne voyons que les derniers morceaux du concert des Rakes, dont l'inévitable « Open Book ». Le son est bien meilleur, et bien plus efficace que lorsque je les avais vu, un an auparavant, au festival de Rock En Seine (les ayant entre temps raté au festival Rock'n'solex), et il y a donc de quoi ravir les fans. Toutefois, le peu que j'en vois ne suffit pas non plus à entraîner un surplus d'enthousiasme pour leur musique, certes sympathique et agréable, mais finalement pas très passionnante pour autant. Par honnêteté, au vu du peu de temps passé devant la scène, je ne met pas de note. (n.n.)
Fatigués, on préfère prendre une navette pour le parking avant la cohue, et on se casse donc avant le début de Cassius, qui allait par ailleurs commencer avec pas mal de retard. Entendu de loin, la veine radicalement electro du concert n'engendre pas vraiment de regret.
CONCERT DE LA JOURNEE : Frank Black
SURPRISE DE LA JOURNEE : Joeystarr
PIRE CONCERT DE LA JOURNEE : Billy Talent
DECEPTION DE LA JOURNEE : Renaud